Depuis plusieurs semaines, des interrogations circulent autour d’un système baptisé Kalinka, présenté comme un outil capable de neutraliser ou de perturber l’accès à Internet par satellite, notamment celui fourni par Starlink. Derrière les débats parfois confus sur les réseaux sociaux se cache une réalité technologique bien plus nuancée, située à la frontière de la guerre électronique, du contrôle de l’information et des nouvelles formes de censure numérique.
Kalinka n’est pas un dispositif capable de « détruire » des satellites en orbite. Selon des analyses techniques issues de sources ouvertes spécialisées en défense, il s’agit plutôt d’un système de guerre électronique conçu pour détecter, identifier et localiser les émissions radio provenant de terminaux satellitaires au sol. Lorsqu’un terminal Starlink communique avec un satellite, il émet des signaux spécifiques. Kalinka exploite cette caractéristique en analysant les fréquences utilisées afin de repérer la position géographique de l’équipement.
Cette capacité modifie profondément la logique du contrôle des communications. Même si le satellite continue de fonctionner normalement, l’utilisateur devient détectable, donc vulnérable. Dans un contexte sécuritaire ou militaire, cette simple localisation peut suffire à rendre l’utilisation du service risquée : brouillage ciblé, perturbation volontaire de la connexion, ou identification précise de points de communication stratégiques. La coupure n’est plus générale, elle devient sélective.
La situation observée en Iran illustre clairement cette évolution. Alors que l’Internet traditionnel y est régulièrement restreint lors de périodes_attachées de tensions sociales et politiques, l’Internet par satellite est apparu comme une alternative possible. Toutefois, plusieurs analyses médiatiques et techniques indiquent que les autorités iraniennes disposent aujourd’hui de capacités avancées de brouillage et de surveillance radio, susceptibles de perturber fortement les connexions satellitaires, soit par des moyens développés localement, soit par une assistance technologique étrangère inspirée de systèmes comme Kalinka. Dans certaines zones, cela se traduit par des connexions instables, une forte dégradation du service et une utilisation devenue difficile, voire dangereuse.
L’efficacité réelle de Kalinka reste cependant difficile à mesurer avec précision. Les informations disponibles proviennent majoritairement de déclarations officielles, de rapports militaires ou d’analyses indirectes, rarement confirmées par des audits indépendants. Néanmoins, le constat général est clair : la bataille de l’information se déplace vers l’espace électromagnétique, là où se jouent désormais l’accès aux données, la surveillance des communications et le contrôle des flux numériques.
Ce dossier met en lumière une réalité souvent ignorée : l’Internet par satellite, bien qu’il offre une résilience supérieure aux infrastructures terrestres, n’est pas invulnérable. Il déplace simplement le terrain du conflit. À mesure que les technologies de détection et de guerre électronique progressent, la liberté numérique dépend de plus en plus de l’équilibre entre innovation, protection des communications et capacités de résistance face à la surveillance.
Source : analyses techniques ouvertes, rapports médiatiques internationaux et publications spécialisées en guerre électronique et cybersécurité.
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