Le paysage mondial des communications vient de connaître une secousse d’ampleur. La Russie a décidé de bloquer entièrement WhatsApp, l’une des applications de messagerie les plus utilisées au monde, invoquant le non-respect de la législation locale par sa maison mère, Meta. 

Selon le Kremlin, cette mesure n’est pas improvisée. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large visant à bâtir une infrastructure numérique « souveraine », où les entreprises technologiques étrangères doivent se conformer aux règles nationales ou quitter le marché. 

Les autorités russes encouragent désormais la population à adopter MAX, une messagerie soutenue par l’État et présentée comme une alternative accessible aux plateformes étrangères. 

Mais cette transition ne fait pas l’unanimité. Des critiques redoutent que cette application puisse servir d’outil de surveillance, accusation que Moscou rejette en affirmant vouloir simplement améliorer les services du quotidien. 

Le blocage touche potentiellement plus de 100 millions d’utilisateurs, dont certains se tournent déjà vers des VPN pour continuer à accéder à l’application. 

Techniquement, la Russie a retiré certains domaines liés à WhatsApp de son système national de noms de domaine, empêchant les appareils de récupérer les adresses IP nécessaires au fonctionnement du service. 

Cette décision marque l’aboutissement de plusieurs mois de restrictions et d’accusations selon lesquelles les plateformes étrangères ne coopéreraient pas suffisamment avec les forces de l’ordre dans des affaires de fraude ou de terrorisme. 

Dans ce contexte de guerre et de tensions géopolitiques, le contrôle des communications devient un enjeu stratégique. Pour certains observateurs, ces restrictions traduisent une volonté accrue de réguler voire de surveiller l’espace numérique national. 

Le blocage de WhatsApp dépasse largement les frontières russes. Il illustre une tendance globale : plusieurs États cherchent à reprendre la main sur les infrastructures numériques, quitte à fragmenter l’internet tel que nous le connaissons. 

Derrière cette affaire se dessine une question fondamentale : l’internet restera-t-il un espace ouvert et universel, ou évoluera-t-il vers une mosaïque de réseaux nationaux contrôlés par les États ?

Car lorsque la technologie devient un instrument de souveraineté, ce ne sont plus seulement des applications qui disparaissent c’est parfois une certaine idée de la liberté numérique qui vacille.

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