Les États-Unis ont officiellement accordé une autorisation présidentielle pour la construction d’un câble électrique sous-marin reliant la République Dominicaine à Porto Rico, marquant une étape majeure dans l’histoire énergétique de la région caraïbéenne. Cette décision, validée par l’administration Trump, ouvre la voie à une interconnexion électrique transfrontalière inédite, destinée à renforcer la stabilité, la résilience et la sécurité énergétique de deux territoires clés de la zone.

Le projet prévoit l’installation d’un câble haute tension sous-marin capable de transporter de l’électricité sur plusieurs centaines de kilomètres à travers la mer des Caraïbes. Une fois achevée, cette infrastructure permettra aux deux territoires de partager leurs capacités de production, de mieux absorber les pics de consommation et de réduire leur vulnérabilité face aux pannes massives, notamment en période cyclonique.

Pour Porto Rico, dont le réseau électrique a été gravement fragilisé par les ouragans successifs et des décennies de sous-investissement, cette interconnexion représente un levier de sécurité énergétique essentiel. L’île pourra importer de l’électricité en cas de crise, tout en diversifiant ses sources d’approvisionnement. Du côté dominicain, le projet consolide une stratégie énergétique déjà bien engagée, fondée sur la modernisation du réseau, l’augmentation de la production et l’intégration progressive des énergies renouvelables.

Les câbles électriques sous-marins, déjà utilisés en Europe, en Asie et entre plusieurs îles du Pacifique, sont considérés comme des infrastructures stratégiques de nouvelle génération. Ils facilitent la coopération régionale, réduisent les coûts de production à long terme et permettent une meilleure intégration des sources d’énergie propre. Dans le cas du projet dominicano–portoricain, les experts estiment qu’il pourrait servir de modèle pour une future interconnexion énergétique caribéenne, reliant à terme plusieurs îles entre elles.

Toutefois, l’autorisation américaine ne marque que le début du processus. Le projet devra encore franchir des étapes techniques, environnementales et financières avant le lancement effectif des travaux. Mais politiquement, le signal est clair : les Caraïbes entrent progressivement dans une nouvelle ère de coopération énergétique régionale structurée.

Et Haïti dans tout cela ? Le paradoxe d’un pays énergétiquement immobilisé

Pendant que la République Dominicaine et Porto Rico planifient des interconnexions régionales de grande envergure, Haïti demeure totalement absente de ces dynamiques énergétiques modernes. Le pays ne participe à aucun projet d’intégration régionale, ne négocie aucune liaison électrique transfrontalière et ne dispose d’aucune vision à long terme pour son système énergétique national.

Cette stagnation ne relève pas d’un manque de ressources, mais d’un effondrement de la gouvernance énergétique : instabilité politique chronique, discontinuité administrative, institutions techniques affaiblies, incapacité à attirer des investissements lourds et absence d’un État planificateur capable de porter des projets structurants sur plusieurs décennies. Résultat : Haïti reste dépendante du diesel, des génératrices privées et d’un réseau public délabré, incapable de soutenir le développement économique, industriel et social du pays.

Le contraste est saisissant. Là où ses voisins bâtissent des infrastructures tournées vers l’avenir, Haïti survit dans l’urgence énergétique, sans stratégie, sans continuité et sans ambition régionale. Tant que cette situation perdurera, le pays restera enfermé dans une précarité électrique qui freine toute possibilité de relance durable.

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